RIGHI (François). SINE NOMINE II
s. l. s. n., [janvier] 2026. Grand in-octavo (53 x 37,5 cm) de 68 pages, couverture muette, coffret. Exemplaire unique (deuxième émission)*, daté et signé, sur papier coréen Hanji 200 g et japonais Unryu Nuage de Dragon 55 g .
À l’origine, un très grand papier de fabrication coréenne artisanale (215 x 150 cm) chargé, au recto et au verso, d’un dessin à la mine de plomb et au pastel sec noir ; papier coupé en quatre pour obtenir huit cahiers de huit pages. Des serpentes de papier japonais noir ont été insérées entre chaque feuillet, toutes imprimées d’un semis de lettres capitales gravées. Rien n’est dit du sens de ces treize lettres, qui occupent successivement les pages intercalaires, permutant leurs positions de manière apparemment aléatoire. Quant aux noms dont elles seraient les initiales, « ne pouvant être utiles, [ils] doivent rester inconnus ». Le colophon est également gravé en taille d’épargne et imprimé sur la dernière feuille de Japon noir. Découronné puis cousu en « nid d’abeille », le volume a été placé sous deux ais de carton habillés d’un fort papier thaïlandais. Reliure et boîte de conservation à chasses de Nathalie Peauger.
Le dessin initial est le sixième d’une série réalisée de 2020 à 2025, œuvres qui ont fait l’objet d’un texte de Nicolas Pesquès intitulé Trombes, publié au début de l’année 2025 en une coédition GSB et Les Livres Sont Muets.On a joint au coffret un tirage pigmentaire, sur papier japonais Murakumo 42 g, d’une image de l’un des dessins originaux intitulés Trombes (photo @François Lauginie), accompagnée de deux citations en épigraphe, pour sept vignettes gravées sur cuivre imprimées sur une chemise de papier thaïlandais 14 g :
« […] le sentiment que les images sont provisoires et seulement là pour cacher un effroyable trou temporel par lequel s’engouffreraient, sinon, le vent d’une passion dévorante et peut-être la douleur infinie d’une séparation. »
Jean-Louis Schefer, Polyxène et la vierge à la robe rouge.« […] frapper d’un tampon de nuit la pâte obscure qui nous étreint chaque fois que nous avançons vers le perdu ou l’indéchiffrable comme vers le désir le plus intense. »
Nicolas Pesquès, Trombes.“[…] the sense that the images are provisional and only there to mask a terrifying temporal void through which, otherwise, the gale of a devouring passion and perhaps the infinite pain of separation would rush.”
Jean-Louis Schefer, Polyxena and the Virgin of the Red Robe.
“[…] to strike with the stamp of night the dark matter that grips us whenever we approach the lost or the indecipherable, as if approaching our deepest desire.”
Nicolas Pesquès, Whirls.
Traduit vers l’anglais par Cole Swensen.
* L’unicité de ce livre repose sur les deux dessins originaux, réalisés recto-verso, du 3 au 6 janvier 2026. Les matrices des lettrines gravées pour SINE NOMINE I ont permis la réalisation de ce deuxième exemplaire, selon le même protocole. La plaque du colophon n’est modifiée que d’un point final supplémentaire, percé en pied.
